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Quand la science discrédite les blagues sur les blondes

« Alors c’est l’histoire d’une blonde qui passe un entretien d’embauche… » Inutile de nous raconter la fin, c’est toujours la blonde qui tient le rôle de la parfaite idiote ! Certes, Paris Hilton n’a pas vraiment aidé à vaincre ce stéréotype, mais est-il réellement fondé ? A l’heure où la limite devient de plus en plus floue entre plaisanteries (souvent assez crues) et discrimination, c’est une question qui mérite réflexion !

La naissance d’un stéréotype

A priori, l’image de la blonde écervelée serait apparue au début du XXe siècle avec le roman populaire d’Anita LOOS « Les hommes préfèrent les blondes » dans lequel le personnage principal, Lorelei LEE est une jolie chanteuse mais quelque peu sotte. Par la suite, de nombreuses actrices, entre autres Marilyn MONROE, auraient contribué à construire ce mythe.

Pourquoi un tel engouement autour des blondes ?

La blonde devient alors un symbole puis un cliché, tout comme celui de la poupée mannequin « Barbie », censée incarner une image de la beauté parfaite, malgré des mensurations idéales inatteignables par une vraie femme !

Les blondes victimes d’un racisme invisible dans l’univers professionnel

Qu’elles soient séduisantes, agaçantes ou drôles, les blondes sont sujettes à des plaisanteries souvent douteuses. Cependant, des études montrent que ce stéréotype peut avoir des conséquences lourdes sur le recrutement, la rémunération et la carrière des intéressées.
Dans la vie professionnelle et à qualifications égales, les femmes blondes sont plus souvent refusées à un poste comparé aux femmes brunes. De plus, à un poste similaire, il arrive que les candidates aux cheveux bruns aient naturellement un salaire plus élevé. Bien entendu les employeurs ne sont pas conscients qu’ils sont impactés par l’apparence visible des candidates. C’est ce qu’on appelle le racisme invisible.

Et si tout était faux ?

Alors il est intéressant de découvrir les résultats d’une étude de Jay ZAGORSKY[1], chercheur en ressources humaines de la Ohio State University, réalisée sur 10 878 personnes, qui montre que le QI moyen des (vraies) blondes est légèrement plus élevé que celui des femmes ayant d’autres couleurs de cheveux. Toujours selon ce même chercheur, « il ne devrait pas y avoir de discrimination à propos de l’intelligence des blondes (…) Je ne pense pas que l’on puisse dire avec certitude que les blondes sont plus intelligentes que les autres, mais vous pouvez certainement dire qu’elles ne sont pas du tout stupides ».
En 2014, des scientifiques américains de l’Université de Stanford, en Californie, ont de plus démontré que la couleur des cheveux n’affectait absolument aucun trait de la personnalité. Cette étude plus ancienne, publiée dans la revue Nature Genetics, avait déjà prouvé que le gène de la couleur des cheveux n’a aucun impact sur l’intelligence.

Plus globalement, la beauté au travail, que ce soit pour une femme ou pour vous, messieurs (vous n’y échapper pas non plus !), peut se révéler être un inconvénient comme un avantage. Difficile de reconnaître par exemple qu’un homme au physique avantageux peut aussi être doté d’une grande intelligence ? Mais pour autant, son physique lui confère un certain charisme qui inspire son équipe. Entre méfiance et admiration, il y a de quoi s’y perdre !
Conclusion, il vaut éviter les jugements trop hâtifs et peut-être revoir les blagues sur les blondes… Après tout, il arrive aussi aux brunes de passer pour des prunes !

[1] Are Blondes Really Dumb? Economics Bulletin, Mars 2016

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