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Le Job Sharing, repenser l’organisation et le temps de travail

Durée de lecture de cet article : 6 min

Qu’est-ce que le job sharing ?

Forme inhabituelle de travail à temps partiel, le Job Sharing permet de partager le temps et le travail. Ainsi, deux collaborateurs interviennent sur le même poste et partagent les responsabilités liées à celui-ci. Depuis quelques années, le concept de Job Sharing se développe en Europe : au Royaume Uni (en 2015, création de la plateforme Juggle Jobs), en Allemagne (Tandemploy fondé en 2013) ou encore en Suisse. L’enquête réalisée par European Trade Union Institue en 2016 confirme l’essor de cette nouvelle organisation du travail en Europe. Peu connue et répandue chez nous autres les Gaulois, le job-sharing est arrivé en France en 1994 avec son utilisation par la société HP. Cependant, la législation française ne l’a pas encore réglementé. Par conséquent, la formule est soumise à la législation sur le temps partiel.

Une formule avantageuse pour les salariés et les entreprises

Le Job Sharing présente un grand nombre d’avantages, pas seulement pour l’employé, mais également pour l’entreprise. Forme d’emploi innovante, il permet de concilier temps partiel et responsabilité. Il permet aux personnes souhaitant prendre du temps pour leur vie personnelle d’envisager une évolution de carrière pour plus tard. En effet, la formule facilite la réintégration professionnelle. Le stress et l’ennui sont bannis du travail à temps partiel, grâce à la confiance en son partenaire et l’accession à des postes plus élevés.

Pour l’employeur, le concept du Job Sharing a l’avantage de mettre à disposition deux cerveaux, deux personnalités et deux intuitions au service d’un même poste. Une formule de temps partiel enfin compatible avec des postes de haut niveau qui permet de respecter un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle. La motivation des collaborateurs pratiquant le Job Sharing est plus forte, ce qui entraîne un gain de productivité d’environ 10%, ainsi qu’une diminution de l’absentéisme, de burn-out ou du turn-over. Cette organisation du travail peut également favoriser le maintien des compétences dans l’entreprise, grâce au partage des savoirs fait entre juniors et séniors. LeJob Sharing promeut aussi la marque employeur et augmente l’attractivité de l’entreprise sur le marché de l’emploi.

Pour le salarié, le fait que le poste soit occupé en permanence permet de conserver un haut niveau de responsabilités, contrairement au mi-temps classique connu pour freiner les carrières, notamment celles des femmes qui y ont le plus souvent recours. Les collaborateurs qui bénéficient de cette nouvelle forme d’aménagement du temps de travail peuvent assurer la charge d’un parent âgé/d’un enfant handicapé, reprendre leurs études, etc. Le fait de partager un poste entre deux collaborateurs permet de former un binôme et donc de développer la cohésion d’équipe. Par contre, si leJob Sharing est une forme d’organisation du travail intéressante, elle est à réfléchir à cause de la rémunération. Le salaire est baissé puisque le travail est exécuté à temps partiel.

A qui s’adresse le Job Sharing ?

LeJob Sharing s’adresse majoritairement aux personnes souhaitant prendre du temps pour leur vie personnelle à côté de leur vie professionnelle sans abandonner leur carrière.  Ainsi, de nombreuses possibilités s’offrent désormais à la population cadre pour laquelle il était mal venu de demander une réduction du temps de travail. Rappelons au passage que 40% des cadres[1] font état d’une dégradation de l’équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle au cours des cinq dernières années.

Dans la pratique, leJob Sharing s’adresse aujourd’hui principalement à trois catégories de personnes :

  • Les jeunes actifs qui veulent profiter d’un échange intergénérationnel,
  • Les parents débordés, notamment les femmes, qui veulent de la flexibilité dans leurs horaires tout en gardant un emploi épanouissant,
  • Les séniors qui sont en pré-retraite et veulent partager leurs compétences.

Dans les faits, l’astuce pour le collaborateur consiste à former un binôme avec une personne déjà connue. Cela facilite la confiance nécessaire pour partager une fonction.

[1] Etudes IFOP Mai 2012 auprès d’un échantillon de 1.001 cadres, représentatifs des entreprises de plus de 50 salariés.

 

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