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Philocognition : un système de pensée spécifique

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Auteur

Portrait-Virginie-GRAZIANI

9 novembre 2021

Temps de lecture : 5 minutes

 

La philocognition regroupe plusieurs caractéristiques spécifiques dans la façon dont un haut potentiel va s’y prendre pour poser et réfléchir à un problème. Combinant différents systèmes de pensée, il est souvent remarqué par une utilisation intensive de la pensée arborescente, divergente, de l’intuition et de sa captation exceptionnelle des signes extérieurs.

 

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Un système de pensée en arborescence

Il existe de nombreux termes pour définir les logiques et système de pensée. Deux systèmes nous intéressent particulièrement : la logique dite linéaire ou séquentielle et la pensée en arborescence. Elles ne s’excluent pas l’une l’autre, au contraire, elles sont complémentaires. Toutefois, les études montrent que les hauts potentiels font plus souvent preuve d’une pensée arborescente.
La pensée linéaire est la plus commune, elle consiste à organise sa logique de manière séquentielle : une réflexion après l’autre. Les idées sont utilisées une par une pour une tâche donnée. Cela permet de résoudre rapidement les problèmes simples. A l’inverse, la pensée en arborescence est une structure de pensée plus foisonnante qui va dans plusieurs directions en même temps.
C’est une logique en réseau, où chaque idée créée à son tour une nouvelle idée et ainsi de suite. L’analogie la plus courante est celle de l’arbre : le tronc représentant la logique qui s’organise à partir d’un point central, puis les multiples branches correspondent à une arborescence de sous-logique, d’association d’idées.
Malgré le fait que ce mode de pensée peut s’avérer quelque peu anarchique, il permet une prise en compte de toutes les issues possibles d’une situation. Cette logique de pensée est donc un talent particulièrement approprié à la résolution de problèmes complexes ou nouveaux. Pour autant, c’est un système de pensée qui peut être complexe à partager par exemple dans le cadre d’une réunion.

La pensée divergente

La pensée divergent et la pensée convergente sont également des termes utilisés pour caractériser des façons de penser. Nécessaires, elles sont toutes deux complémentaires. La plus utilisée, la pensée convergente consiste à trouver une réponse unique à un problème : la meilleure solution.
Pour ce faire, il est donc nécessaire de savoir synthétiser et de trancher pour décider. Ce système de pensée est largement favorisé par notre structure éducative.  En effet, nous le retrouvons dans tous les exercices scolaires : utiliser les règles apprises afin de trouver parmi les différentes alternatives la bonne et unique solution, celle évaluée comme correcte.
En revanche, la pensée divergente permet de trouver le plus de solutions possibles à une question. Il s’agit donc la plupart du temps d’imaginer de nouvelles possibilités. C’est une forme inventive et originale de réflexion, utilisant l’association d’idées et les liens entre les concepts. La pensée divergente est donc liée à la créativité. Explorer de nouvelles possibilités permet d’être à son aise face à des questions vagues et mal définies.
Certes, cela oblige également la personne à être moins attachée au conformisme de la réponse qu’à son originalité. Les profils à haut potentiel peuvent être particulièrement performants dans l’utilisation de la pensée convergente, faisant preuve d’une capacité de synthèse. Pour autant, ils se font davantage remarquer dans l’utilisation de la pensée divergente. C’est encore plus flagrant lorsque cette dernière est combinée avec la logique arborescente.

 

La pensée par intuition

L’intuition est généralement qualifiée comme cette capacité à obtenir une connaissance immédiate, sans avoir recours au raisonnement. En réalité, lorsque nous faisons preuve d’intuition, nous n’avons pas conscience du raisonnement qui nous a mené jusqu’à cette connaissance qui s’impose presque à nous.
En fait, l’intuition est l’une des conséquences de l’utilisation de la pensée en arborescence, de la pensée divergente et d’une hypersensibilité. En effet, l’extrême sensibilité aux stimuli et la prise en compte d’une multitude d’informations simultanément déclenchent cette pensée foisonnante.
A ce moment-là, la pensée linéaire n’est plus en capacité à traiter l’abondance des données. Du coup, l’intuition vient du fait que les éléments perçus sont analysés sans que la personne ne s’en rende compte. Aussi, le système logique saute des étapes visibles pour arriver à une conclusion finale. Cependant, nous ne connaissons pas exactement la source de notre raisonnement nébuleux, donnant l’impression de ne pas avoir excité.
La difficulté la plus fréquemment rencontrée par le haut potentiel est l’impossibilité pour ce dernier d’expliciter sa logique, le cheminement de sa pensée. Dans une posture de manager ou de dirigeant, la personne voudra transmettre sa vision stratégique par exemple, sans être pleinement en capacité de lui donner du sens. Les collaborateurs se sentent laissés de côté sur la route et le leader frustré de ce partage impossible, car à deux vitesses.
En conclusion, la philocognition utilise différents systèmes de pensée. Même si la pensée en arborescence n’exclut pas une utilisation de la pensée linéaire, elle s’avère être la structure première des hauts potentiels. En lien étroit avec la logique arborescente, la pensée divergente est une autre conception de la pensée qui permet de rechercher plusieurs réponses potentielles, souvent inédites. Enfin, l’intuition apporte une solution, sans avoir conscience du chemin emprunté pour arriver à cette conclusion. Elle est donc très complexe à expliquer et à partager. 

 

 

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1 Commentaire

  1. Jean-François LECARPENTIER

    Bonjour Virginie.

    Comme mentionné dans mon mail de ce matin, voici quelques commentaires basés sur ce que j’ai vu, vécu, expérimenté et appris sur ce sujet.

    Pensée en arborescence : si ce système permet d’ouvrir la pensée et de mettre en évidence des interactions dans des systèmes ou des processus complexes, il est en effet parfois difficile d’en partager la compréhension.
    Une présentation Macro (arbre) complétée de sous-ensembles (branches principales et leurs branches secondaires, etc…) peut être nécessaire pour restituer cette compréhension globale et complexe. C’est le cas lorsque l’on utilise le diagramme Hishikawa dans des méthodes de résolution de problèmes sur des cas très complexes. Il arrive même parfois d’organiser des sous-groupes (par branche) puis une restitution et consolidation finale ensuite avec tous les sous-groupes.

    Logique linéaire ou séquentielle : elle a l’avantage de mettre en évidence les liens de causes à effets dans un processus, mais elle peut omettre des interactions extérieures au flux analysé.
    Le risque lorsque l’on définit un point central (ou un axe central) dès le départ, c’est de découvrir tardivement que le réel point central est ailleurs de notre pensée initiale, en organisant ainsi toute notre réflexion autour de ce postulat de départ qui est peut-être faux. On peut même parfois passer complètement à côté.
    Exemple : pendant des siècles nous avons été convaincus que la terre était « le point central » de l’univers et toutes les pensées qui en découlaient ne visaient qu’à confirmer cette seule hypothèse, pourtant fausse, et toute autre hypothèse était bannie voire réprimée.

    La pensée divergente : elle ouvre la réflexion et permet donc d’explorer plusieurs pistes et hypothèses pour un sujet donné, avec les mêmes risques de complexité que la pensée en arborescence.
    La pensée convergente : si elle n’est pas précédée d’une pensée divergente ou en arborescence et d’explorations multiples en amont, elle risque également de chercher à valider une seule solution prédéfinie, parfois inconsciemment (piège du préjugé ou parfois d’une mauvaise intuition).

    Dans les méthodes de résolutions de problèmes, lorsque plusieurs hypothèses potentielles ont été identifiées (issues d’une pensée divergente) et que les critères de choix ont été définis, alors on peut utiliser une matrice de compatibilité (critères / hypothèses) comme outil d’aide à la décision (analyse multi critères), afin d’objectiver le choix final optimal et ensuite construire une pensée convergente pour en déterminer les modalités.

    L’intuition : elle est très utile pour identifier des pistes de réflexions et des champs d’explorations. Mais elle peut être « dangereuse » si on a une confiance exclusive dans son intuition et que l’on ne procède pas aux vérifications qui permettent de confirmer ou non la justesse de cette intuition.
    Exemple : dans le domaine judiciaire, les innocents injustement condamnés sur la base d’une « intime conviction » (qui est une forme d’intuition) erronée et qui a fini par s’imposer au manque de preuves, complétée et influencée par le « besoin » de trouver un coupable.
    Utiliser son intuition en amont et en cours de recherches, d’études, d’explorations permet souvent un gain de temps, mais en phase de décision finale, l’intuition ne devrait jamais être utilisée comme seul « moteur » de conclusion et de décision, sans que des méthodes rationnelles et objectives aient été utilisées, afin de réduire voire supprimer la part d’erreur potentielle, à laquelle n’échappe pas l’intuition non plus.

    D’une manière générale, si notre pensée dominante est spontanée, elle n’exclue pas d’utiliser d’autres modes de pensée. De multiples outils et méthodologies permettent de varier les modes de pensées et d’élargir ainsi le champ des hypothèses, au-delà de sa seule pensée première.
    Ainsi l’utilisation alternée et corrélée des différentes formes de pensées et de leurs logiques associées, reste la meilleure façon de fiabiliser les réflexions, les analyses et les décisions qui en découlent.
    D’où l’intérêt d’avoir des équipes constituées de différentes formes de pensées et de les faire travailler ensemble.

    A bientôt Virginie.
    Jean-François LECARPENTIER

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